ADRIEN GOETZ

Intrigue à l'anglaise

À l’Anglaise

Précisions historiques et remerciements

Même si tout, dans l’intrigue de cet ouvrage, relève de la plus pure fantaisie historique, l’auteur tient à signaler qu’il a puisé aux meilleures sources, en particulier pour les faits qui peuvent sembler les plus incroyables et les plus « romanesques ». Les quelques références bibliographiques données ci-après permettront aux lecteurs soucieux de vérité d’approfondir, au-delà du roman, les points les plus surprenants.

Ceux qui veulent lire les résultats de la recherche actuelle sur la Tapisserie se reporteront, parmi les ouvrages récents, à la nouvelle édition du grand classique du professeur Lucien Musset, La Tapisserie de Bayeux, Paris, Zodiaque, 2002 ; au volume fondamental La Tapisserie de Bayeux, l’art de broder l’histoire, actes du colloque tenu à Cerisy-la-Salle en 1999, publié par Pierre Bouet, Brian Lévy et François Neveux, Office universitaire d’études normandes, Presses Universitaires de Caen, 2004, et au volume collectif dirigé par Gale R. Owen-Crocker, King Harold II and the Bayeux Tapestry, Woodbridge, Boydell Press, 2005.

La dernière biographie du duc-roi est celle de Philippe Maurice, Guillaume le Conquérant, Flammarion, 2002.

L'étude d’Andrew Bridgeford, 1066, l’Histoire secrète de la Tapisserie de Bayeux, Anatolia-Éditions du Rocher, 2005, défend la thèse d’une Tapisserie secrètement pro-anglaise, exécutée à la demande de commanditaires du continent. Elle s’oppose aux thèses antérieures, défendues avec talent par Mogens Rud, La Tapisserie de Bayeux et la bataille de Hastings 1066, traduit du danois par Éric Eydoux, Copenhague, Christian Ejlers, 4e édition, 2001, et au livre de référence de Wolfgang Grape, La Tapisserie de Bayeux, Monument à la gloire des Normands, traduit de l’allemand par Valérie Agéma et Patrick Maubert, Munich, Prestel, 1994.

Reste bien sûr plus que recommandable, à lire sur place, au Centre Guillaume-le-Conquérant à Bayeux, le très précieux petit guide à couverture rouge de Simone Bertrand, qui ressemble beaucoup au volume dont se moquent bêtement Pénélope et Wandrille, Livret Guide, Tapisserie de Bayeux, Bayeux, Imprimerie de La Renaissance du Bessin, sans date [1976 ?]. C'est dans ce livret que se trouvent de surcroît les meilleurs conseils et schémas susceptibles de rendre de vrais services pratiques aux amateurs, même néophytes, de travaux d’aiguille.

Sur Dominique-Vivant Denon et l’affaire de l’exposition de la Tapisserie à Paris sous le Ier Empire, voir, dans le catalogue publié sous la direction de Pierre Rosenberg, de l’Académie française, Vivant Denon, l’œil de Napoléon, Musée du Louvre-RMN, 1999, la remarquable notice du professeur Daniela Gallo pour le n° 138, p. 148, « Notice historique sur la tapisserie brodée par la reine Mathilde épouse de Guillaume le Conquérant, Paris, an XII ».

La lettre de Denon à Bonaparte intitulée Note sur la statue de Guillaume le Conquérant est historique. On en trouvera, de manière facilement accessible, le texte complet, bien connu depuis les travaux de Pierre Lelièvre (Vivant Denon, homme des Lumières, « ministre des arts » de Napoléon, Picard, 1993) dans l’anthologie rassemblée par Patrick Mauriès, Vies remarquables de Vivant Denon, Le Promeneur, 1998, pp. 77–79.

Sur les aventures de la Tapisserie durant la Seconde Guerre mondiale, son séjour au château de Sourches et l’incroyable convoi organisé par les SS en pleine Libération de Paris pour la faire transporter en urgence à Berlin, tout ce qui est raconté dans ce roman est parfaitement authentique. Voir Rose Valland, Le Front de l’art, Plon, 1961, rééd. RMN 1997 ; Germain Bazin, Souvenirs de l’exode du Louvre, 1940–1944, Somogy, 1991, et les Mémoires du commandant du « Grand Paris » le général Dietrich von Choltitz, Un soldat parmi les soldats, traduit par A.M. Bécourt, Martin Briem, Klaus Diel, Pierre Michel, préface de Pierre Taittinger, Aubanel, 1965.

Une étonnante photographie de la Tapisserie de Bayeux durant son bref passage au Louvre en 1944, présentée sur les bobines déroulantes conservées encore aujourd’hui à Bayeux, cliché sur lequel on reconnaît Jacques Jaujard, se trouve reproduite dans les actes du colloque organisé en 1996 par la Direction des Musées de France, sous la présidence de Françoise Cachin, Pillages et restitutions, le destin des œuvres d’art sorties de France pendant la Seconde Guerre mondiale, Adam Biro-DMF, 1997, p. 139.

Voir aussi, sur cette période complexe le travail pionnier et toujours utile du père René Dubosq, professeur au grand séminaire de Bayeux, La Tapisserie de Bayeux dite de la reine Mathilde : dix années tragiques de sa longue histoire 1939–1948, préface de Jean Verrier, inspecteur général des Monuments historiques, Caen, Ozanne, 1951.

Sur les études scientifiques de la Tapisserie effectuées à la demande des nazis, voir l’article indispensable de Sylvette Lemagnen, fondé sur des sources inédites (le fonds Jankuhn du musée de Bayeux, en cours de dépouillement), « L'histoire de la Tapisserie de Bayeux à l’heure allemande. Un nouvel éclairage sur la mission dirigée par Herbert Jankuhn pendant la Seconde Guerre mondiale », dans La Tapisserie de Bayeux, L'art de broder l’histoire, op. cit., pp. 49–64.

Sur l’histoire sinistre de l’Ahnenerbe, voir M. Kater, Das « Ahnenerbe » der SS : 1935–1945. Ein Betrag zur Kulturpolitik der Dritten Reiches, Munich, R. Oldenburg, 1997.

Un chercheur sérieux a réellement osé écrire que la Tapisserie de Bayeux ne pouvait avoir été réalisée avant 1772 puisqu’on y représentait une dégustation de brochettes à Hastings, événement impossible selon lui avant l’établissement de liens avec le Maroc et l’introduction de ce plat en Europe — dont il précise ainsi la date. Il s’agit de Robert Chenciner. Voir R. Chenciner, P. Beaumont et P. Levy, « Bayeux Tapestry may be a fake, says textile expert », The Observer, 30 septembre 1990.

Sur la crédibilité historique de la présence d’un Étienne Érard, ou Étienne fils d’Érard — nom écrit parfois avec la graphie, d’origine viking, « Airard » — parmi les compagnons de Guillaume, voir Jean Le Melletier, De la Manche vers l’Angleterre au temps de la Conquête, préface de Lucien Musset, Cahiers de l’ODAC, n° 3, Mortain, 1989, p. 91. Étienne fils d’Érard est en outre mentionné dans le Domesday Book comme tenant en chef d’un domaine dans le Berkshire. Pour la liste « canonique » des compagnons de Guillaume, voir Jackson M. Crispin et Léonce Macary, avec ajouts et corrections de G. Andrews Moriarty, Falaise Roll : Recording Prominent Companions of William Duke of Normandy at the Conquest of England, réimp. Baltimore, Genealogical Publishing Co., 1994.

Sur l’usage des colonnes entourées de bandes spiralées dans la sculpture anglaise du XIe siècle, voir Lucien Musset, op. cit., p.128, et E. Fernie, « The spiral piers of Durham Cathedral », Medieval Art and Architecture at Durham Cathedral, British Archeological Association, III, 1986, p. 51.

Sur les sociétés secrètes à Falaise sous le Ier Empire et celle qui s’intitula en effet « Berceau de Guillaume le Conquérant », voir le livre d’érudition locale du Dr Paul German, Histoire de Falaise, Condé-sur-Noireau, Charles Corlet, 1993, pp. 314–315. C'est dans cet ouvrage que l’on trouvera aussi une histoire minutieuse des foires de Guibray, que l’on complétera par l’étude de Marie-Anne Freson, L'Estampe falaisienne autour de la foire de Guibray, ibid., 1997.

Sur les chevaux représentés dans la Tapisserie, les polémiques sont nombreuses : harnachement, types de selles, vraisemblance des mouvements notamment lors de la sortie des navires, posent aux historiens une infinité de questions. Les deux études de référence en ce domaine sont anciennes, mais pas dépassées ; il s’agit de l’essai du chef d’escadron Louis Champion, commandant du dépôt de remonte de Caen avant la guerre de 1914, Les Chevaux et les Cavaliers de la Tapisserie de Bayeux, Caen, Jouan, 1907, et l’article du commandant Lefebvre des Noëttes, « La Tapisserie de Bayeux datée par le harnachement des chevaux et l’équipement des cavaliers », Bulletin monumental, tome LXXVI, 1912, pp. 213–241. Les reconstitutions récentes organisées par des passionnés sur le champ d’Hastings ont un peu négligé cet aspect, reculant devant la difficulté et le coût de la recréation de selles normandes du XIe siècle, auxquelles les chevaux devraient être habitués et dont le pommeau haut présente de surcroît un danger pour le cavalier. On s’est contenté bien souvent de donner une allure « médiévale » aux tapis de selles et aux étriers.

Sur le problème du mystérieux tombeau de l’église de la Trinité de Bosham sur la côte du Sussex, qui abrita peut-être les restes d’Harold, et qui pourrait servir encore de lieu de rassemblement à ses « partisans », voir John Pollock, Harold : Rex, Is King Harold II Buried in Bosham Church ?, Selsey, Selsey Pre ...

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